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Larmes, sacrifices, pathos. Le Mélodrame a longtemps été réduit à ces termes, uniquement considéré comme objet d'analyse une fois intégré dans une politique auteuriste. Pourtant, et peut-être paradoxalement, le genre tire également de ses racines théâtrales un principe fondateur : « le mal est moteur de l'action ». Cet ouvrage reconsidère le Mélodrame à partir de cette idée en proposant un nouveau sous-genre, le Mélodrame Maléfique, qui s'articule autour d'un personnage principal : l'héroïne maléfique. Emblématique de l'état d'esprit qui règne aux États-Unis dans les années 1940 et qui implique la nécessité de dénoncer tous les comportements anti-américains, l'héroïne maléfique est l'illustration parfaite de la prédétermination narrative et stylistique du Mélodrame. Dans la même perspective, elle se définit aussi par une structuration mythique, comme en témoignent des films comme Leave Her to Heaven (John Stahl, 1945) ou Beyond the Forest (King Vidor, 1949). Mais a-t-elle uniquement valeur de contre-exemple ? Quel est l'effet créé par le jeu de stars hollywoodiennes dont le pouvoir d'identification et de fascination semble en contradiction avec les visées moralisatrices du genre ?